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Celui que tu aimes !

De:

Jean 11.

En relisant récemment ce texte concernant la résurrection de Lazare, un détail, qui n’en est peut-être pas un, m’a frappé.

D’abord, avant de parler de sa résurrection il faudrait parler de sa maladie qui fut certainement évolutive et dont la finalité tragique fut la mort.

La Bible ne donne pas d’explication à ce sujet et on ne sait pas combien de temps cela a duré, mais comme pour toute maladie on peut penser qu’elle fut accompagnée de souffrances physiques et morales, ainsi que de questionnements.

Pourtant, à plusieurs reprises, l’auteur du récit insiste sur un fait important, à savoir que Jésus aimait Lazare.

C’est ce détail qui m’a frappé.

La première fois se trouve au verset 3, dans la bouche de Marthe et Marie, « Celui que tu aimes est malade ». Si les deux sœurs peuvent faire cette déclaration, c’est que dans des épisodes précédents qui ne nous sont pas connus, Jésus avait donné à Lazare des preuves de cet amour. Ici, aimer, est traduit à partir du verbe grec « phileô » qui signifie, « chérir, traiter affectueusement, accueillir, traiter en ami, montrer des signes d’amour, c’est-à-dire faire quelque chose de bon pour quelqu’un que l’on affectionne ».

La deuxième fois se trouve au verset 5, dans la bouche de Jean, l’auteur du récit : « Or, Jésus aimait Marthe, et sa sœur, et Lazare ». Là encore, on peut penser que Jean fut témoin de la manifestation concrète de cet amour à toute cette famille ainsi qu’à Lazare en particulier.

Ici, c’est le verbe « agapao », c’est l’amour fort, source de satisfaction, amour fondé sur la connaissance et l’appréciation, induisant préférence et estime.

La troisième fois se trouve au verset 11, dans la bouche de Jésus : « Lazare notre ami dort, mais je vais le réveiller ». Par cette expression Jésus souligne une amitié faite de réciprocité, d’ailleurs l’adjectif « philos » utilisé ici est issu d’une racine qui exprime l’appartenance à une communauté. Il est donc évident que Lazare appartenait à la communauté des disciples du Sauveur et qu’il était apprécié comme tel.

Enfin, la quatrième fois se trouve au verset 36, dans la bouche des Juifs : « Voyez comme il l’aimait ». Jésus, saisi par une violente émotion devant le tombeau de Lazare, se mit à pleurer (on peut souligner à cet égard que Jésus a pleuré avec ceux qui pleurent).

Les juifs témoins de cette réaction si peu courante de la part de Jésus ne purent que constater les sentiments qui animaient son cœur.

Donc par quatre fois le texte insiste sur la place que Lazare occupait dans le cœur de Jésus.

Si Lazare était aimé du Seigneur, il était de même aimé du Père céleste et objet de toute son attention.

Pourtant Lazare tomba malade et son état se dégrada malgré que bien des prières durent être adressées à Dieu et que celle adressée à Jésus semblait sans réponse.

Ce quadruple témoignage est là pour nous faire comprendre que les épreuves que nous traversons, quelles qu’elles soient, ne sont pas une manifestation du désamour de Dieu à notre égard ni de son désintérêt.

Quel est celui qui passant par l’épreuve de la maladie, de la souffrance, du deuil, de la solitude, de l’échec, ne s’est pas posé cette question : « Dieu m’aime-t-il vraiment ? »

Si Dieu m’aime, pourquoi ces choses me sont-elles arrivées, pourquoi me laisse-t-il dans cette situation, pourquoi n’intervient-il pas alors qu’il en a le pouvoir ?

Ce questionnement parcourt le livre de Job ainsi que la vie de tous ceux qui souffrent.

L’histoire de Lazare est là pour que nous ne doutions jamais de l’amour de Dieu, quel que soit les circonstances de nos vies et que nous ne laissions jamais l’ennemi de nos âmes nous faire croire que Dieu se serait détourné de nous.

La Bible affirme et nous assure que rien, mais vraiment rien, ne peut nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur : Romains 8 :38-39.

Après le verbe aimer, l’autre mot clé c’est le verbe croire qui apparaît 10 fois dans ce récit.

Versets 15, 25, 26, 27, 40, 42, 45, 48, et 12 :11.

Mais croire n’est pas toujours facile, surtout quand les événements contredisent ce que nous croyons.

Nous le voyons dans l’exemple de Marthe qui oscille entre les sommets de la foi et l’abîme du doute.

Alors qu’elle est en présence de Jésus, elle fait cette déclaration de foi extraordinaire, v.22 : « Mais maintenant même, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera ». Cela veut dire : « Je crois que parce que tu es là, tout reste possible et que rien n’est irréversible, je crois à la toute-puissance de ta médiation ».

Et puis un peu plus tard, alors qu’elle est devant le tombeau et que Jésus demande d’ôter la pierre, elle dit : « Seigneur il sent déjà, car il y a quatre jours qu’il est là ». Ce qui veut dire, c’est trop tard, il n’y a plus rien à faire, je ne crois pas que tu puisses faire quelque chose maintenant.

C’est une chose d’être aux pieds du Seigneur et ç’en est une autre d’être au pied du mur, surtout quand celui-ci est celui de la grotte funéraire où sont enterrés tous nos espoirs.

Face au Seigneur et à ses promesses, notre foi s’envole, mais face à la réalité, notre foi s’effondre. Quelqu’un a dit : la réalité, c’est le mur contre lequel on se cogne constamment.

Nous ressemblons à Marthe à bien des égards. Il nous arrive aussi de balancer entre ces deux positions, une pleine assurance quand nous sommes dans la présence du Seigneur et un abîme de doute quand nous sommes face aux circonstances.

Heureusement Jésus est là et il lui rappelle une parole dite précédemment : « Ne t’ai-je pas dit que si tu crois tu verras la gloire de Dieu » !

L’histoire de Lazare nous invite à croire au-delà du raisonnable, au-delà du visible, au-delà de la réalité.

Voilà deux choses toutes simples pour encourager toute personne qui traverse des épreuves qui paraissent sans issues, l’amour indéfectible du Seigneur Jésus et garder une foi au-delà du raisonnable en Celui qui peut toute chose.  

Pour terminer je voudrais souligner que dans ce récit dramatique, Jésus se révèle comme étant « la résurrection et la vie », il le sera au dernier jour comme le déclare Marthe pour tous ceux qui ont cru en Lui, v.24, mais il peut aussi l’être aujourd’hui pour chacun de nous comme il le fut pour Lazare si nous lui faisons une pleine confiance.    

Patrick Salafranque

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