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Aimer, c’est ne pas comptabiliser le mal

De:

Nouvelle édition du livre de Thibaud Lavigne: « Aimer a-t-il encore un sens?« , avec 4 nouveaux chants sur le CD joint, en cliquant ICI.

En regardant les différentes traductions de 1 Corinthiens 13.5, on s’aperçoit que les traducteurs lui ont donné quatre sens différents :

1) L’amour ne soupçonne pas le mal (version Segond, Colombe)

L’idée serait celle d’avoir un a priori positif, de ne pas présumer ou soupçonner le mal tant qu’il n’est pas avéré, c’est-à-dire de ne pas tenir compte de critiques non vérifiées… En effet, c’est le manque d’amour qui nous fait douter des gens et penser négativement à leur égard…

Ex. on me dit du mal de quelqu’un que j’aime, qu’est ce que je fais ? J’ai du mal à y croire, je le défend, je cherche l’interprétation la plus favorable, etc. alors que pour quelqu’un qu’on n’aime moins ? On aurait tendance à y croire davantage !
Attention de ne pas prêter de mauvaises intentions aux autres, de ne pas voir le mal là où il n’est pas… ça vous est arrivé d’être face à une situation où une personne dit du mal d’une autre, alors que vous savez que l’intention n’était pas mauvaise ?
Les soupçons détruisent les relations ! Ils déforment les informations qu’on obtient, ils nous induisent en erreur et nous font vivre sur la défensive, alors que l’amour nous sort d’un mode de vie sur la défensive !!
Ne soyons ni naïfs ni parano avec Jésus !! Des fois on croit qu’on parle de nous par derrière parce qu’on se donne trop d’importance, on croit qu’on est le centre des pensées des autres…    On croit qu’on ne nous aime pas parce qu’on manque de confiance en soi (ex. caliméro…) et en l’autre : le manque d’amour engendre des soupçons…
Il y a 2 choses qui engendrent des soupçons : l’épreuve (ex.amis de Job) et le succès (ex. les frères de Jésus Jean 7.4)… Ne pas croire au pire mais au meilleur !

Un autre sens possible serait :
2) L’amour ne trame pas le mal (Semeur)
Autre version : méditer/préparer le mal (note NBS) ; ce n’est plus le mal chez les autres qu’on soupçonnerait, mais le mal qu’on projetterait de leur faire :
Il est ici encore plus évident que c’est contraire à l’amour !
L’amour exclu qu’on forme des plans pour faire du mal à quelqu’un. Notre intelligence doit servir pour le bien !
Pourquoi trame t-on le mal ? par méchanceté ; mais aussi parce qu’on subi le mal et qu’on veut se venger quelque part ; on a souffert et on se venge sur les autres aussi… Mais au nom de Jésus, avec son amour, disons : « dehors l’esprit de vengeance »… amen ?

3) l’amour ne se souvient pas du mal (Parole de Vie)
La racine du terme traduit « soupçonne » dans Segond est « logos« , qui en grec désigne la Parole (Jean 1.1) mais aussi la raison, la pensée ;
Donc, on peut comprendre que l’amour implique de ne pas parler du mal qu’on nous a fait. On en parle au début, à la personne concernée et éventuellement à un médiateur ou un conseiller, puis stop : ne pas ressasser le mal !
Il faut choisir de ne pas sans cesse le rappeler et en entretenir le souvenir…

ex. la haine raciale vient quelques fois d’un mal subi dont on transmet le souvenir aux descendants…  Attention, des fois on ne se venge pas en actes mais on en parle tout le temps, on se venge avec nos paroles…
L’amour ne nous rend pas amnésiques mais guérit notre mémoire : choisissons de ne pas focaliser notre attention sur le mal…

Tous ces sens sont vrais, mais la plupart des traductions vont dans un quatrième sens, en lien avec les précédents mais allant plus loin :
4) L’amour n’impute pas le mal (Darby)

Jérusalem et NBS : l’Amour ne tient pas compte du mal !!
Logizomai utilisé dans l’original, signifie compter, dénombrer, imputer… c’est un terme de comptabilité ! Ne pas imputer le mal, c’est donc ne pas tenir un registre des torts, et ainsi ne pas nourrir de ressentiment.
Le contexte renvoie aussi vers ce sens : juste avant Paul parlait d’irritation, ici il mentionne ce qu’il peut se passer après l’irritation : la rancune !
Français Courant : l’amour n’éprouve pas de rancune et TOB : l’amour n’entretient pas de rancune
Parole Vivante, qui reprend presque tous les sens possibles, dit : Quand on aime, on ne médite pas le mal et on ne le soupçonne pas chez les autres. Si on subit des torts, on n’en garde pas rancune.
Le mot employé suggère en effet de ne pas faire entrer dans ses calculs et ses projets le mal qu’on nous a fait.
Ne pas imputer, au sens biblique, c’est regarder avec faveur et traiter sans tenir compte du mal commis. Dieu nous impute la foi en Jésus, et donc la justice de Jésus, et ne tient plus compte de nos péchés… : c’est plus que le pardon, c’est le refus de prendre en compte, avec l’idée d’un oubli volontaire (en comptabilité c’est effacer tout le passif, le débit, et créditer l’amour à l’actif) !!
C’est la condition indispensable à la reprise des relations après une offense !! Oui, Dieu ne tient plus compte de nos fautes pour avoir une relation avec nous. Ainsi, sauf dans les cas extrêmes, comme les abus sexuels (pour lesquels la victime doit être protégée), en principe ne pas tenir compte du mal c’est offrir la possibilité de renouer la relation. Il faut des fois une certains temps au début, mais plus vite on renoue, plus vite on passe sur l’offense et mieux on se porte !!

Il ne s’agit pas d’être idiot, de bannir toute prudence, mais il s’agit de ne pas prendre la prudence comme prétexte pour manquer d’amour…
il y a une souffrance oui, mais je n’entretient pas la rancœur !
Aimer c’est pardonner, et pardonner c’est aussi jeter les dossiers que l’on détient, même mentalement, contre ceux qui nous ont fait du tord. « L’amour couvre le mal au lieu de l’enregistrer »… vide tes tiroirs !!
Le mot employé, Logizomai, ne désigne pas une écriture comptable fictive, mais un fait comptabilisé, un bilan réel : on ne fait pas semblant, c’est réel ; il ne s’agit pas de faire comme si le mal n’avait pas existé, il s’agit de vraiment l’éponger… Seigneur aide nous !
Ex. trois semaines avant son exécution, Louis XVI écrivit : « je pardonne de tout mon cœur à ceux qui se sont fait mes ennemis sans que je leur en ai donné aucun sujet, et je prie Dieu de leur pardonner, de même que ceux qui par un faux zèle, ou par un zèle mal entendu, m’ont fait beaucoup de mal »… Dieu seul juge les coeurs, mais n’est-ce pas une belle prière ?
Il ne s’agit pas de dire « c’est pas grave », s’il y a eu quelque chose de misérable, méchant, destructeur (kalos en grec, traduit « mal » mais désignant la méchanceté),
Mais il s’agit de s’en remettre à la justice divine tout en priant pour les coupables…
On ne fait pas comme si le mal n’existait pas ou comme s’il n’avait jamais existé, mais on ne le comptabilise pas sur les tablettes de nos coeurs… On est affecté par le mal, mais on ne tient pas à en entretenir la mémoire… des fois on ne peut pas l’oublier, mais on ne veut pas le cultiver…

Tu as souffert de quelque chose, que faire ? Dire « Seigneur, c’est toi qui fera justice dans cette situation, pour ma part je choisi d’éponger la dette, de ne plus y revenir, béni celui ou celle qui ma fait du mal... »
S’il y a une blessure, je chercherai Dieu pour guérir, mais je refuse la vengeance personnelle, l’amertume et la rancœur… Amen ?

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